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❑ Trajectoire vers la délinquance : Partie 4 : Conclusion et perspectives

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  Conclusion I came to bring da pain hardcore from you'r brain.. . Method Man, Bring da Pain Le débat public explique la délinquance comme étant de la responsabilité des familles. Il faudrait certes nuancer, il n'en reste pas moins que le débat sur la délinquance depuis la fin des années 1990, c'est-à-dire depuis que le thème de « l'insécurité » est devenu un thème médiatique central, une des réponses invoquée au point d'en devenir un trope, est celle de la responsabilité des familles. Plusieurs éléments méritent de s'y arrêter. D'une part, cette réponse est simple, elle consiste à replier la résorption de la délinquance sur une seule variable. Dans le débat social, aucune réponse simple n'est jamais susceptible d'être juste. En venant couvrir comme variable explicative un fait social sous le jeu des faits divers, elle fait office de diversion, pour reprendre les termes de Bourdieu. Elle est idéologiquement adapté puisque la « responsabilité...

❑ Trajectoire vers la délinquance : Partie 3 : Impacts des défauts de portance et de contenance hors de la sphère familiale

  4-Impacts des défauts de portance et de contenance hors de la sphère familiale En faisant défaut, la contenance et la portance n'ont pu permettre de réfléchir et de mettre au travail les éléments vécus par Xavier en dehors du cercle familial, dont les « braquages » et les violences scolaires. Il n'aura jamais jugé légitime d'en parler à sa mère et ce, pour deux raisons. Tout d’abord, il savait qu'elle n'aurait pas apporté de ressources adéquates pour y faire face : « qu'est-ce que ça aurait changé que je lui dise », va-t-il murmurer en entretien. D'autre part, il dira aussi ne pas avoir voulu inquiéter sa mère, ne pas avoir voulu accroître ses soucis (alors même qu'il nous aura dit auparavant que sa mère n'avait jamais eu l'air triste à la maison). Quitter le domicile, c'était aussi fuir un mode d'injonction seulement rompue par les réflexions acerbes de ses proches, faisant un décor où il se sentait sans cesse pris en défaut. L'...

❑ Trajectoire vers la délinquance : Partie 2 : Portance et contenance

  Note : à la suite du précédent article, nous étudierons ici deux notions importantes : la contenance et la portance familiale. Ces deux notions qui renvoient plus ou moins directement au désir d'enfant, déjà évoqué sur ce blog, font surtout miroir au débat social posé en terme de "responsabilité familiale". En effet, dans le traitement de la question de la délinquance, toute une frange politique entre dans le débat en mettant en avant la responsabilité familiale dans l'entrée des jeunes en délinquance, et d'appeler à couper à ces familles les allocations familiales par exemple. Nous estimons que ce qui suit est en mesure de mettre cette approche en perspective en la complexifiant et de fait, en la rendant caduque.       3-Portance et contenance Nous avons évoqué un défaut de portance et de contenance familiale. Nous allons dans un premier temps définir ces notions avant de discuter de l’impact de ces défauts et les possibles causes. Notre objectif est de sai...

❑ Trajectoire vers la délinquance : parcours de jeunes délinquants à Saint-Laurent-du-Maroni - Partie 1 : introduction et contexte

  L’objet de ce texte est de proposer une réflexion sur les raisons et modalités psychosociales d’engagement de mineurs sur des parcours « délinquants ». Cette réflexion s’appuie sur notre pratique au sein de la PJJ à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. Nous avons décidé de dresser à grands traits le parcours d’un jeune fictif, nous détaillerons ensuite deux notions centrales dans la construction psychique de ces jeunes : la portance et la contenance familiale. Nous verrons enfin en quoi leur défaut à impacté leur rapport aux sphères de socialisation nodales que sont l’école et les groupes de pairs.   1-Milieu, cadre et contexte de la présente réflexion 1-1-Saint-Laurent-du-Maroni et l’ouest Guyanais Saint-Laurent-du-Maroni est une ville de Guyane française. Peuplée de 55.000 habitants, elle est frontalière avec Albina au Suriname, le fleuve Maroni faisant office de frontière entre les deux pays [1] . Sa croissance démographique est représentative de cel...

⁂ Impact paradoxal du soin compris dans la charge mentale des femmes au sein de la sphère domestique

  Contexte Le 29 Octobre dernier (2024), France Culture diffusait une émission-débat sur le thème de la santé mentale des hommes : « la santé mentale des hommes est-elle tabou ? ». «  Seules 30 % des personnes ayant recours à la psychothérapie sont des hommes. Cette proportion témoigne de la prégnance de modèles de virilité, où la fierté et le déni prennent le pas sur la santé mentale » est-il mentionné en introduction de cette émission, amenant l'auditeur à la question suivante « Pourquoi consulter un psychologue reste considéré comme un aveu de faiblesse pour les hommes ? » 1 . Ce thème fait écho à une question que nous avions posé sur un réseau social professionnel : pourquoi 70% de notre patientèle au sein d'un CMP en région Occitanie était-elle composée de femmes tandis que 70% des décès par suicide sur cette même zone où nous opérions était le fait d'hommes ? « D’après le Baromètre santé 2010 de santé publique Fra...

❑ Du « désir d'enfant » au « bébé-résilience » : étude sur la maternité des femmes mineurs et très jeunes adultes en Guyane Partie.5 - Analyse des données

Ce texte est une analyse des données tirées de la population décrite en majeur partie dans les deux derniers articles (vignettes cliniques 1 et 2 ) ainsi que d'autres cas qui n'ont pas été communiqués pour des raisons de confidentialité.  Pour rappel, les cas sont des mères jeunes (entre 13 et 21 ans) rencontrées dans le cadre de suivis obstétriques et gynécologiques. Dans cette première partie seront détaillées les données ayant trait à la situation sociale des sujets, à leurs relations conjugales au moment du suivi, à la dynamique familiale, à la santé psychique et aux spécificités des grossesses. Ces premières analyses permettront de distinguer l'important niveau des violences vécu par ces femmes d'une part ; une structure matrifocale sinon matrilinéaire d'une part avec un habitat féminin collectif (absence très marquée des hommes) et enfin la généralisation des conflits très profonds entre les patientes et leurs mères. On s'en doutera, la santé psychique d...